« Le pot au noir c’est quitte ou double »

C’est la bête noire du marin, l’obstacle dans la descente et la remontée de l’Atlantique. Incertaine, changeante, mouvante, la zone de convergence intertropicale, également appelée pot-au-noir, occupe l’esprit de Jean Le Cam depuis hier matin. Qu’est ce que c’est ? Pourquoi est-ce si difficile à appréhender ? Voici quelques explications sur cette zone météorologique perturbée située juste au nord de l’équateur.

Où se trouve cette zone ?

La zone de convergence intertropicale (ZCIT) est mouvante car son positionnement découle du positionnement de l’anticyclone des Açores au Nord et de celui de Ste Hélène au Sud. Située entre ces deux zones de hautes pressions, le pot-au-noir peut-être alors plus ou moins étendu. En ce moment, il va de 7° Nord à 1° Nord, c’est à-dire juste au dessus de l’équateur.

Qu’est-ce qui caractérise le pot au noir ?

Comme le dit Jean : « c’est le bordel ! ». La zone est perturbée météorologiquement par la rencontre de deux masses d’airs chaudes. Ces perturbations sont caractérisées par des grains (gros cumulonimbus noir) s’accompagnant de vents violents pouvant atteindre 50 nœuds, des zones exsangues de vent et des orages. Une alternance de conditions qui oblige les marins à une vigilance extrême aux réglages et à la barre pour tenter de bénéficier de chaque risée et progresser toujours plus vite vers le Sud, vers la sortie du pot-au-noir.

Explication des mouvements de masses d’air dans la zone de convergence intertropicaleExplication des mouvements de masses d’air dans la zone de convergence intertropicale (Source : www.passion-geographie.com)

Jean Le Cam et le pot-au-noir

« Quand il n’y a pas d’orage ça va, quand il y a des orages, ca va moins bien. Ça peut même être vraiment dangereux car tu peux cramer tout ton électronique si la foudre te tombe dessus. Donc le passage du pot-au-noir, c’est un peu quitte ou double. Le vent y est particulièrement instable. Il peut passer de 0 à 40 nœuds en quelques minutes. Mon pire souvenir du pot-au-noir restera en multicoque, quand je me suis retrouvé sur un flotteur et qu’un grain me fonçait dessus. Clairement, on est toujours content de sortir de cette zone ! »

Le pot-au-noir, ça y est !

Jean joint par téléphone ce matin : « Oui, c’est un peu la guerre ici. Ce matin, c’était assez mou, du coup j’ai renvoyé de la toile mais le vent est monté 5 minutes après la manoeuvre. Sortir, rentrer, mettre de la toile, en enlever : ça ressemble bien au pot-au-noir même si ce ne sont pas des variations de vent très marquées. Il y a quand même devant moi une grosse bande de nuages. »

L’élastique se tend dans le bon sens, pour l’instant…

« J’ai mis des alarmes sur les variations de vent, comme ça s’il y a des bascules importantes je suis au courant. Pour le moment, on n’est pas trop ralenti car on fait quand même 10 nœuds de moyenne. Alors qu’à l’avant ils ont l’air bien stoppé. Du coup, on est bien revenu sur eux, on a quasiment rattrapé la moitié de notre retard. Mais il va falloir que nous traversions le pot-au-noir plus rapidement qu’eux pour conserver cet avantage.
A suivre ! »

Espérons que le pot-au-noir ne sera pas trop actif et qu’il laissera SynerCiel passer sans encombre. Réponse dans les prochains jours.

Les zones d’orage autour de la flotte du Vendée Globe 2012En rouge, les zones d’orage (Source : David Lanier)

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